DisquaireProjet personnel · 2026Feuilleter sa musique comme un bac de vinyles
J'ai conçu un juke-box pour Windows : on feuillette ses albums comme chez un disquaire, le disque sort et joue, et les paroles défilent en karaoké.
- Le problème
- Ma musique, ce sont des fichiers que je n'ai jamais tagués. Les lecteurs les montrent en listes : on cherche un titre, on ne choisit plus un disque.
- Ce que j'en retiens
- Le plus utile n'a pas été d'ajouter des objets, mais d'en retirer.
- Ma part
- Je n'ai pas écrit le code : j'ai écrit le brief, pris chaque décision et testé chaque version. Claude Code a développé.
- Livrable
- app Windows installée, quatre vues de la bibliothèque, lecture, paroles en karaoké, visualiseur en points
- Rôle
- design produit, direction artistique, direction du développement
- Cadre
- projet personnel, se branche sur Robots, mon compagnon de bureau : « joue … » lance un album, données ouvertes : MusicBrainz, AcoustID, Cover Art Archive, LRCLIB, pochettes : leurs artistes et labels
- Équipe
- solo, développé avec Claude Code
Contexte
Je voulais retrouver le geste du disquaire : feuilleter, s'arrêter sur une pochette, la sortir.
Des fichiers sans nom, rangés dans des dossiers
Le point de départ
J'ai écrit un brief : chaque œuvre (un album, la musique d'un film ou d'un jeu, une playlist) est un objet qu'on parcourt dans un rack. On en choisit un, il sort et se met à jouer devant soi. Les images de direction visuelle venaient de mes inspirations : des racks de VHS, une platine vue de dessus, des disques en carrousel.
- Ne jamais modifier ni supprimer mes fichiers d'origine : l'app range des copies
- Ce qui n'est pas reconnu va dans « À trier » : rien ne se perd
- Une bibliothèque qui va grandir : tout doit rester fluide
- Aucune télémétrie, et les clés des services gardées par Windows, jamais dans le code
- Lisible et utilisable par tous : texte assez grand, jamais un état dit par la couleur seule, tout au clavier
Ce qu'il fallait concilier
- Le gesteFeuilleter avec la molette, le clavier ou les flèches, sans jamais perdre l'album choisi.
- La lisibilitéLire un titre au-dessus de pochettes très chargées, toutes différentes.
- Le calmeDu mouvement pour le plaisir, jamais pour attendre.
Comment retrouver le plaisir de feuilleter des disques dans une bibliothèque de fichiers ?
Exploration
J'ai gagné en retirant : un seul objet, un seul geste, rien qui fasse attendre.
Choisir sur pièces, puis retirer
Chaque direction m'a été présentée sur une page de choix, avec de vraies captures de l'app et des maquettes animées, avant d'être codée.
- Six objets : vinyle, CD, DVD, VHS, cassette, cartoucheConstruits et animés, puis retirés : l'objet changeait, mais c'est la pochette qu'on reconnaîtÉcartée
- Tout en vinyleUn seul objet pour toute la musique ; une affiche de film est posée entière sur son propre fond floutéRetenue
- La progression en anneau autour du disqueFidèle à la platine, mais elle encombrait le vinyle : remplacée par une glissière au-dessus des commandesÉcartée
- Un plan-séquenceLe titre et la pochette voyagent d'un écran à l'autre au lieu de disparaître et réapparaîtreRetenue
- Un écran de chargement au démarrageRetiré : l'étagère apparaît tout de suiteÉcartée
- Trois visualiseurs au choix (MilkDrop, une pochette déformée, des points)Remplacés par un seul, en points : la signature de mon système de design, avec la pochette de l’album redessinée en pointsÉcartée
- Des flèches posées au mieux dans chaque vueChacune avait sa logique, mais on les cherchait : elles sont maintenant aux deux bords, au même endroit partoutÉcartée
- Un nom de code, TrancheIl nommait le dos des pochettes, pas le geste : l’app s’appelle maintenant Disquaire, le magasin où l’on feuillette les bacs, avec un logo à elle, le D qui sort de sa pochetteÉcartée
Quatre façons de feuilleter
- L'étagèreUn couloir de pochettes inclinées, l'album choisi de face au centre, son reflet au sol.
- La pileLes albums empilés ; ceux déjà vus se couchent dessous, comme dans un bac.
- Le carrouselUne fiche éditoriale à gauche, les pochettes qui tournent à droite.
- La grilleToute la musique d'un coup, un nom sous chaque pochette.
Conception
Une critique par vue : chaque défaut montré sur une vraie capture, puis je cochais ce qu'il fallait changer.
Du brief à l'app, version après version
Du brief à l'app
Ranger sans tagsReconnaître un morceau à son empreinte
L'importOn glisse un dossier ; chaque morceau est reconnu par son empreinte sonore, puis plusieurs albums possibles sont proposés, avec leurs pochettes.
La pochettePlusieurs propositions côte à côte ; on clique sur la bonne, ou on glisse la sienne.
Martial OSLe système de design de mes outils
Les règlesLes typographies de mon portfolio, un seul violet, la matrice de points comme motif signature, et un symbole : la pochette vue par la tranche et la moitié du disque qui en sort dessinent le D.
Tout à un clicLes actions de tous les jours en icônes, en haut à droite ; les vues dans une colonne à gauche.
FeuilleterQuatre vues, une critique chacune
L'étagèreLes voisines dans l'ombre, un liseré autour des pochettes sombres, le dos de la pochette en appuyant sur R.
La pile et le carrouselPlus grands, centrés ; une fiche qui reprend les mots de l'étagère.
La grilleOn voit enfin laquelle est choisie : elle avance, grandit et prend un liseré violet.
ÉcouterLe disque sort et joue
La lectureLe vinyle tourne à 33 tours devant sa pochette ; la glissière et les commandes dessous.
Les parolesLe violet coule dans les mots chantés ; sans voix, trois petits points se remplissent jusqu’à son retour. Un réglage d’une demi-seconde recale les paroles sur le son.
En petitUne Picture in Picture qui reste au-dessus des autres fenêtres, avec les paroles.
Le visualiseurLa musique en points : la pochette de l’album redessinée en points, des ronds qui partent sur les battements, le spectre.
Pour tout le mondeRien de caché, rien de coupé
Rien de coupéUn titre long passe à la ligne au lieu de finir en « … ».
Au clavierLes flèches feuillettent, Entrée joue, 1 à 4 changent de vue ; le focus se voit sur tous les fonds.
Le projet en chiffres
- 25Versions en une semaineDe la 0.2.0 à la 0.19.1, du 19 au 26 octobre 2026
- 21Points de critique retenus7 pour l'étagère, 5 pour la pile, 5 pour le carrousel, 4 pour la grille
- 13Pages de choixTransitions, faces et boutons, les quatre critiques, les flèches, le nom et le logo…
- 0TélémétrieLes seules requêtes vont aux services de musique que j'ai choisis
Tests
Chaque gêne ressentie en écoutant devenait une correction, souvent le jour même.
Le premier auditeur, c'est moi
Disquaire joue ma musique tous les jours. Il n'a pas encore été testé par d'autres personnes.
Vérifié en usage réel
- Chaque version regardée à l’écran avant d’être installée, sur une copie de ma bibliothèque
- Un tour complet avant ce portfolio : chaque écran, en sombre et en clair, à la recherche des textes coupés, des contrastes trop faibles et du focus clavier invisible
- Des fenêtres petites et grandes, des titres très longs, des albums sans pochette
- Tout le parcours au clavier, et avec « Réduire les animations » de Windows
Corrigé grâce à l'usage
- Des paroles en avanceLes paroles en ligne suivent une version précise du morceau : un réglage par morceau les recale, et il est retenu.
- La molette qui s'emballaitUn cran pouvait sauter deux albums : c'est maintenant un album par cran.
- Des flèches qu’on cherchaitChaque vue les posait ailleurs : elles sont maintenant aux deux bords de l’écran, au même endroit dans les quatre vues.
- Des pochettes délavéesDans la pile et la grille, les pochettes prenaient trop la lumière : leurs noirs devenaient gris. La lumière se règle maintenant vue par vue.
À régler
- L’installateur n’est pas encore signé : Windows affiche un avertissement
Bilan
Le plus utile n'a pas été d'ajouter des objets, mais d'en retirer.
Du brief au juke-box de tous les jours
Faire autrement
J'ai d'abord voulu six objets.
Le CD, la VHS, la cassette et la cartouche étaient construits et animés. Mais on reconnaît un album à sa pochette, pas à son boîtier : j'aurais dû le tester sur papier avant de les faire construire.
- Une semaine d’écoute sans nouvelle fonction, pour ne garder que ce qui sert
- Un test avec trois personnes qui ont une grande bibliothèque
- Un installateur signé, puis le partage de l’app














